Le Valiha Malgache
Sous sa forme la plus courante, le valiha est une variété de cithare tubulaire en bambou que l'on rencontre dans tout Madagascar. Ses origines sont indéniablement indonésiennes et on en trouve des variantes, parfois plus primitives, parfois plus évoluées, chez la plupart des peuples du monde malais, y compris dans les régions montagnardes du sud de la péninsule indochinoise, habitées par des populations d'origine malayo-polynésienne. Plus largement, on trouve également des instruments apparentés, remontant sans doute à une même origine, jusqu'en Chine, au Japon et en Corée.
Le tube de bambou est à la fois table de l'instrument et résonateur grâce à une longue fente longitudinale (ouïe) entre les nœuds des extrémités.
Initialement, les cordes étaient réalisées par décollement des fibres longitudinales de l'écorce du tube de bambou auquel elles restaient attachées par leurs deux extrémités. Façonnées en forme de cordes sommaires, et soulevées au dessus de la "table", elles prenaient appui sur de petits chevalets taillés dans un morceau d'écorce de cucurbitacée.
Aux deux extrémités de l'instrument (tube) ces chevalets étaient disposés autour du bambou, en deux demi hélices symétriques : à faible pas d'un coté (chevalets multiples, fixes), à grand pas de l'autre (sillets multiples, mobiles), ces derniers seuls étant utilisés pour l'accord de l'instrument par ajustement de la longueur vibrante de la "corde".
Les notes sont disposés selon la gamme diatonique, mais alternativement à gauche et à droite de l'ouïe longitudinale, de sorte que les cordes voisines, d'un coté comme de l'autre, sonnent selon une série de tierces ascendantes, autorisant très facilement des accords "harpés" d'une très grande douceur (plectre non utilisé) ainsi qu'une grande viruosité par le jeu alterné des deux mains.
Les "cordes" fibreuses, au son très amorti, donnaient des sonorités de "percussions", un peu étouffées : par la suite, on les remplaça par des cordes en acier avec des résultats tout-à-fait satisfaisants donnant à l'instrument actuel un timbre caractéristique. En revanche, les tentatives de valiha électrique n'eurent pas de succès car elles lui faisaient perdre sa sonorité romantique et intimiste.
A Madagascar, une variété moderne de valiha, montée sur une caisse de résonance est devenue très populaire.
Rajery & Slam Jah - Gasikara
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